Les autorités sri lankaises accusées d’un nettoyage ethnique dans la capitale
La police sri-lankaise a expulsé jeudi près de 500 hommes, femmes et enfants Tamouls de Colombo qui vivaient dans des hôtels à bas prix. Ces derniers ont été renvoyés au Nord-Est du Sri lanka dans la région de Vavuniya, Jaffna, Batticaloa et de Trincomalee dans des bus escortés par l’armée.
Le ministère de la Défense a confirmé les expulsions jugées nécessaires selon lui à « prévenir tout attentat à la bombe commis par les LTTE».
Cette Rafle intervient une semaine après les propos tenus par l’ inspecteur générale de Police Victor Perera qui avait estimé que les Tamouls n’ayant pas de résidence fixe à Colombo étaient « une menace pour la sécurité nationale».
Des associations de défense des droits de l’Homme, ont dénoncé ce « nettoyage ethnique ». «Cela nous rappelle ce qu'Hitler a fait aux juifs» à comparé Sunanda Deshapriya porte-parole du mouvement des médias libres (FMM)
Les critères des expulsions ont été déterminés arbitrairement par la police et l’armée. Même si dans certains cas, les locataires pouvaient expliquer leur présence à Colombo.
«Des familles en partance pour l'étranger et des malades qui devait être opérés ont également été expulsé » signale le propriétaire d’un hôtel à Wattala.
« Ce nettoyage ethnique conduisant à la déportation de centaines de civils tamouls, nous montre encore une fois que nos proches ne sont pas considérés comme des citoyens du sri lanka. Quel choix avons-nous véritablement que de demander un Etat séparé ? » s’interroge un parlementaire tamoul.
Huit organisations de défense des droits de l’Homme ont interpellé M.Mahinda Rajapakse dans une lettre ouverte pour demande l’arrêt des expulsions des Tamouls de Colombo et que « les droits des citoyens garantis par la constitution soient respectés. »
Les Etats unis ont condamné ces déportations forcés, et ont demandé que « le droit à libre-circulation et du choix du lieu de résidence soit appliqué à chaque citoyen » au Sri Lanka.
« Les Etats-Unis comprennent et soutiennent le Sri Lanka dans son obligation à se défendre contre le terrorisme. Mais ces actions ne peuvent qu’étendre la division ethnique […] de ce conflit vieux de quatre siècle » souligne dans son communiqué l’ambassade des Etats Unis à Colombo.
Ce vendredi la Cour suprême du Sri Lanka a ordonné la suspension immédiate des expulsions des Tamouls de la capitale Colombo.
Rauff Hakeem chef du parti du congrès musulman (SMC) a souligné pendant la session parlementaire que ces expulsions étaient « pire que les pogroms de Juillet 1983, car cette fois-ci l’Etat est responsable de cette situation».
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